FAIT A LA GROTTE DE HAN.
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nous parvînmes à une rue de plus de cent mètres de gueur : l'illusion est telle que quand du commencement on voit un flambeau à l'autre extrémité, on le croirait à une distance trois et quatre fois plus grande. Les corridors se serrent ensuite dç plus en plus et l'on juge par les fentes et les larges sillons qui se trouvent dans la roche, combien les eaux ont travaillé avec effort pour les élargir. Bientôt on ne passe plus qu'avec peine à travers les chemins pesserrés qui se coupent à angles droits. Dans l'un d'eux nous aperçûmes encore un tronc d'arbre qui y avoit été poussé par les eaux. Il y a plusieurs passages pour sortir de la grotte : tous sont excessivement étroits et dans une direction presque parallèle. On choisit ordinairement le dernier comme le moins mode, quoiqu'il ait tout au plus un mètre de largeur dans le bas, et que le haut du corps frotte continuellement contre la roche.
Pour parcourir la grotte, comme nous le fîmes la première fois, c'est-à-dire pour s'en former une idée, il faut environ trois heures : encore n'a-t-on pas le temps de considérer bien attentivement les beautés qu'elle renferme. Il faut compter 5i5 mètres depuis la sortie de la Lesse jusqu'au dernier passage d'eau dans la Salle d'armes ^çX. ii38 mètres, c'est-à-dire plus d'un quart de lieue, pour la longueur de la grotte entière, sans y comprendre les passages latéraux. La grotte de Han surpasse donc deux fois la longueur de la fameuse grotte d^Antiparos, qui au rapport de Tournefort peut avoir 3oo brasses depuis l'entrée jusqu'à l'endroit le plus profond où Ton puisse cendre. Encore ce savant observateur s'en est-il rapporté au dire des guides, qui sont assez dans l'habitude gérer, et qui n'auront sans doute pas eu égard à l'inclinaison des terrains.